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dimanche 21 octobre 2012

Le foulage du raisin au cours du temps

Je savais que les questions posées par les enfants me permettraient de découvrir les progrès réalisés au cours du temps.

Le foulage des raisins par exemple.
Vous trouverez des explications sur wikipédia, http://fr.wikipedia.org/wiki/Fouloir mais il a beaucoup évolué ces dernières années.

Durant l'antiquité c'est au pied que les raisins étaient foulés, dans des cuves creusées à même la roche.








Au moyen age les cuves de stockage évoluent mais le foulage se fait toujours au pied.















Il faut attendre le XIX siècle pour que les moyens de foulage évoluent.

L'appareil ci-contre était utilisé par mes grands parents. Il permettait de fouler le raisin sur place en bout de rang de vigne et permettait de mettre plus de raisins dans les bastes.



On se rend compte dans les années 80, que la rafle apporte des tannins très rustiques aux vins, et que les vins éraflés étaient mailleurs que les vins non éraflés. Les premières machines électriques apparaissent, elles permettent de fouler, puis d'érafler. Ce sont des fouloirs érafloirs.
 
Ces machines permettent de laisser passer de la rafle.
Les anciens preféraient ces vins dits rustiques. Ces vins étaient difficiles à boire les premières années, mais ils pouvaient être conservés très longtemps.
 
Maintenant on recherche le plaisir immédiat. Il faut donc faire disparaitre ces tannins. De nouvelles machines appraissement ce sont des érafloirs fouloir.

Le monde du vin évolue et très rapidement ces dernières années. Il est de plus en plus difficile pour les patits viticulteurs de suivre ces évolutions. J'espère que l'âme des derniers vignerons y résistera.
 
A bientôt.

mardi 28 juillet 2009

Mais que font nos représentants?

Depuis 2 mois je suis connecté au réseau social LinkedIn, réseau social anglo-saxon par excellence.

Je suis impressionné par la vision des vins français qu'ont les américains et je mesure le chemin qu'il nous reste à parcourir pour présenter nos vins et faire comprendre aux américains la diversité de nos produits.

Ils ont du mal à comprendre que sur une surface aussi petite que la France nous puissions produire des vins aussi différents. Si personne ne leur explique la diversité géologique de notre pays, la diversité des climats, la diversité des cépages qui sont adaptés à nos sols et à nos climats, la diversité des vinifications, je comprends qu'ils aient autant de mal à nous comprendre.
Mais que font nos représentants?


Pour les américains l'AOC (qui est le modèle que nous cherchons à défendre) n'intervient que pour 9% dans l'acte d'achat. Ce pour quoi nos représentants se battent et qui nous coute si cher à nous viticulteurs, ne représente rien dans la décision d'achat de nos vins.
Mais que font nos représentants?


Heureusement que certains américains nous aident, des passionnés, qui ont parcouru la France pour comprendre nos vins. C'est toujours un plaisir de les recevoir, de voir leurs yeux ébahis lorsque nous leur présentons notre passion, leurs joues s'enflammer lorsqu'ils dégustent nos vins.
Mais ce n'est pas à eux de venir vers nous, c'est à nous d'aller vers eux. Il faut prendre le temps... Mais lorsque vous devez remplir une tonne de papier pour expliquer à un éventuel contrôleur ce que vous faites depuis des générations. Je ne comprends pas. Pourquoi Messieurs nos représentants nous faites vous passer autant de temps au bureau, alors que nous voulions être dehors sur le terrain pour présenter nos vins?

Amis passionnés venez nous rencontrer et nous sortir de nos bureaux.



mercredi 25 juin 2008

Réforme des AOC

Encore un vigneron victime de la réforme des AOC (Que choisir juillet-aout 2008). Jean Paul BRUN propriétaire dans le beaujolais vient d'avoir 300hl de vin déclassés en vin de table.


M. BRUN produit 331hl de vin (un peu moins que notre production qui est de 370hl). Il doit présenter 2 lots de vin à agrément puisque la quantité maximale à agréer est de 300hl. Il fait à partir de ses cuves assemblées un lot de 300hl et un lot de 31hl.


Le lot de 31hl est agréé et vendu aux Etats Unis. Le lot de 300hl après 3 dégustations est déclassé au motif: vin atypique présentant des arômes de caoutchouc, de champignons et de l'acidité volatile.


Acidité volatile: je suis surpris car nous avons les moyens techniques faciles d'utilisation pour éviter celà (utilisation de So2). C'est de plus un élément quantifiable et l'analyse chimique du vin aurait du écarter ce vin avant dégustation. C'est un argument non valable. Celà signifie que le dégustateur est plus précis que la machine de test.


Aromes de caoutchouc: je ne vois pas c'est la première fois que j'en entends parler. Est-ce que le dégustateur n'avait pas joué avec un élastique avant, imprégant ses mains d'une odeur pertubatrice. Je ne vois techniquement pas comment il est possible d'obtenir ces odeurs. Il faut dans ce cas se poser des questions et remettre en question la procédure de dégustation ou de prélèvement. De plus cette caractéristique n'est pas répertoriée dans les défauts.


Aromes de champignons et atypique: ce sont des caractéristiques du vin de ce propriétaire, ce ne sont pas des défauts.


Depuis quelques années, et nous en avons été victimes avec notre 2004, les viticulteurs, négociants et oenologues choisissent lors des agréments les vins par rapports à leurs goûts et non plus par rapport aux défauts.


Les viticulteurs écartent de bons vins (j'entends par bon vin des vins qui se vendent) qui risquent de leur faire de l'ombre. Ces viticulteurs pensent que si le vin du voisin n'est pas agréé, ils vendront plus de vin. Malheureusement ils n'ont pas compris que c'est le client qui est le roi. Les clients iront acheter ailleurs les vins qui leur plaisent.


Je suis tombé une fois lors d'une dégustation sur un négociant qui a rejeté tous les vins non barriqués. C'est le même négociant qui est venu me voir car il cherchait un vin non barriqué pour un de ses clients.


Je ne parle pas de cet oenologue qui a rejeté tous les vins lors d'un label qu'il avait lui-même vinifiés.


Que l'on rejette des vins à défaut, je le comprends. Que l'on rejette des vins parce qu'on ne les aime pas: je ne comprends pas. Ce qui fait la richesse de la France c'est sa diversité. Nous ne pourrons jamais concurrencer les grandes wineries anglo-saxones qui bénéfient d'un homogénéïté de terroirs que nous n'avons pas.


Laissez-nous faire les vins que nos clients veulent.