lundi 14 septembre 2009

Le millésime 2009

Pour les purs techniciens, qui souhaitent avoir des informations sur le millésime 2009, voici les propos de Pascal Henot Oenologue de la chambre d'agriculture.

Mévente des vins, prix bas, perte de part de marché… dégâts de grêle… L’ambiance est morose.

Au milieu de ce climat tout en gris, un rayon de soleil, un message optimiste : le millésime 2009 sera qualitatif !
Après avoir été cruelle en mai, la nature a été généreuse, et même très généreuse, comme pour se faire pardonner. Les conditions météorologiques chaudes et sèches ont été idéales fin mai-début juin, sur la fleur, permettant une floraison rapide et très homogène. En secteur précoce, sur Merlot, la mi-floraison est observée vers le 3 juin. Au cours de l’été, une succession de périodes chaudes et de légers arrosages favorisent une bonne croissance de la vigne. Fin juillet-début août, chaleur et sécheresse sont favorables à une véraison rapide et assez homogène. La
mi-véraison du Merlot est observée vers le 3 août.
En appliquant les règles mi-floraison + 110 jours et mi-véraison + 45 jours, ont peu pronostiquer une vendange des Merlots vers le 20 – 25 septembre en situation précoce. Ces éléments montrent une semaine d’avance sur 2008 à la fleur ; et quinze jours d’avance à la véraison. Les données physiologiques du millésime 2009 sont à rapprocher de celles de 2005.
Les moyens actuels de suivi de la maturité permettent de bien comprendre l’évolution des phénomènes et de choisir une date de récolte idéale.
En terme de Maturité Technologique, les Merlots apparaissent presque à maturité puisqu’on observe des degrés aux alentours de 12% et des Acidités Totales proches de 4 g/l H2SO4. néanmoins les Acides Maliques supérieurs à 2,5 g/l sont là pour nous dire que la maturité n’est pas idéale. Il ne s’agit là que de la maturité du jus de raisin et nous savons tous que pour faire du vin rouge, ce qui compte, c’est ce qui se passe dans la peau des raisins.
La Maturité Phénolique montre que la vendange est en phase d’accumulation d’Anthocyanes (méthode CASV) et que l’optimum est encore loin.
La méthode Glories nous révèle que le potentiel en Anthocyanes est important, avec une extractibilité de la couleur encore moyenne et des pépins pas encore mûrs, même s’ils sont en bonne voie.
La méthode DYOSTEM révèle que dans l’ensemble les baies grossissent et que l’essentiel des parcelles est en phase d’accumulation de sucres (chargement). Le profil aromatique est à dominante végétal, avec apparition du fruit frais. Enfin, la dégustation des baies montre des Merlots à la peau épaisse et dure et à la chair encore ferme. La couleur semble importante et se libère assez facilement. Les arômes sont peu présents : disparition du caractère végétal et très peu d’arômes de fruit. Les pépins tendent à s’aoûter mais sont encore astringents.
L’ensemble de ces observations confirme que malgré des degrés élevés, la maturité est encore lointaine et nécessite une quinzaine de jours pour atteindre son optimum.
Le temps actuel, sec et chaud, avec d’importantes amplitudes de températures entre le jour et la nuit (>20°C) est très favorable à une concentration des peaux de raisins en couleur et en arômes de fruit. La qualité sera au rendezvous.

2009, un millésime délicat à vinifier ?
2009 a le profil des grands millésimes. La météo a pour l’instant été idéale, à la fois pour une bonne évolution de la maturité et pour l’état sanitaire. Mais si ce temps chaud et sec se prolonge, on peut craindre une vinification très technique.
Grand millésime rime souvent avec récolte en période chaude, gros degrés, mouts carencés et peu fermentescibles, fin de fermentation difficile, fermentation malolactique délicate, risque Brett… Difficultés que le vinificateur connaît bien et qu’il a appris à maîtriser. La stratégie à mettre en oeuvre est essentiellement préventive :
- Récolte le matin pour bénéficier de températures fraîches ;
- Sulfitage précoce et suffisant ;
- Inertage par le CO2 ;
- Levurage systématique et ajout de facteurs de croissance ;
- Maîtrise thermique ;
- Ensemencement en bactéries lactiques.
Avec une bonne maîtrise des phénomènes fermentaires, le vinificateur peut se concentrer sur l’essentiel du travail de la vinification en rouge : l’extraction de la matière (couleur, arômes, gras, tanins…) afin d’élaborer le vin correspondant au profil recherché.
BONNES VENDANGES à tous !

Souhaitons que ce beau millésime 2009 soit le signe avant coureur d’une sortie de crise…

Pascal Hénot – oenologue, Centre oenologique de Coutras

Les explications ci-dessus sont très interessantes car elles confirment que la partie n'est pas gagnée contrairement aux propos des journalistes.

La date de récolte sera très importante. Nous regrettons de ne pouvoir vendanger que le week-end, puisque nous ne trouvons pas de volontaires en semaine. Ce sont des passionnés qui travaillent déjà en semaine qui nous aident à vendanger, merci à eux.
Les explications ci-dessus montrent que notre métier n'est pas si facile que celà et que même la partie culture est difficile et que le choix de la date de vendange peut mettre en péril une année de travail. Mais c'est notre métier qui est comme cela et il nous plait.....

A bientot

jeudi 10 septembre 2009

L'avis des experts

Cette année encore Dussert Gerber a sélectionné nos vins millésimes 2005 et 2006. C'est une excellente nouvelle.

Un commentaire que j'ai pu trouver sur le blog d'un viticulteur faisait part du mécontentement d'un internaute sur les blogs des viticulteurs auxquels il reprochait de trop parler de leurs récompenses, et pas assez de leur travail. Mais la citation dans un guide n'est-elle pas le fruit de notre travail?

C'est vrai quelle valeur accorder à l'avis de tous ces experts? Pour ne citer que l'avis des experts sur notre millésime 2006. Il a été cité dans la revue belge Vins et terroirs (16/20), a reçu une médaille d'argent à l'International Wine Challenge, mais il n'est pas cité dans le guide Hachette. Quelle valeur accorder à de tels avis?

Sur notre site nous faisons référence au blog du grand jury http://gje.mabulle.com/index.php.

Ce blog fait référence à un article très intéressant sur les guides 2009: guides Bettane et Dessauve et RVF . L'auteur termine en critiquant le guide de Dussert Gerber, traitant ses auteurs de voleurs. Comment peut-on faire confiance à cet auteur qui quelques lignes plus tôt se vante d'avoir Bettane et Poussier(RVF) comme membres de son blog?

C'est difficile pour nous viticulteur de nous y retrouver dans tous ces guides. A qui faire confiance? Quel est l'avis des consommateurs? Tous ces classements sont importants pour nous car ils nous donnent des indications sur les plaisirs des consommateurs, sur leurs goût. C'est un élément très important pour nos vinifications. Mais ces éléments sont-ils fiables? Est-ce que ces guides donnent des avis partagés par les consommateurs, ou définissent-ils des tendances?

N'hésitez pas à nous donner votre opinion. Venez chez les viticulteurs et donnez-nous vos avis.




samedi 29 août 2009

Le début de la fin de la viticulture traditionnelle?


Mauvaise nouvelle: les premières victimes de la réforme des ODG apparaissent.

Deux petits viticulteurs vendent leurs vignes. La réforme des ODG est trop complexe, trop de papiers à remplir. Pour les petits viticulteurs lorsque l'on a qu'une cuve dans ses chais, la traçabilité est réduite à sa plus simple expression, alors pourquoi devoir remplir des papiers? Pourquoi devoir chaque jour écrire ce que l'on fait de ses journées? Avec quel esprit ces nouvelles règles ont-elles été établies?

Le crime profite à ceux qui en décourageant les petits viticulteurs vont acheter à vil prix les vignes de ces petits, concentrant la profession entre les mains de 3 ou 4 grands groupes internationaux. Quel avenir pour la viticulture?

Est-ce l'intérêt de la viticulture française en réduisant le nombre de producteurs de réduire l'offre à quelques produits?

La force de la viticulture française c'est sa diversité. Chacun peut trouver le vin qui va lui plaire. Réduire la viticulture à quelques viticulteurs c'est standardiser les goûts. Vouloir copier les vins du nouveau monde, produits dans de gigantesques wineries c'est se tromper. Les coûts de production dans ces pays seront toujours inférieurs aux coûts de production français.
La force des vins français c'est leur diversité, liée à leur histoire. Plusieurs siècles de culture d'adaptation de la vigne à son terroir ne peuvent disparaitre du jour au lendemain.

Vous qui êtes passionnés défendez les vins français. Aidez-nous à contre carrer les projets des gros investisseurs.

Retrouvez-nous sur http://www.chateauderoquebrune.com


mardi 28 juillet 2009

Mais que font nos représentants?

Depuis 2 mois je suis connecté au réseau social LinkedIn, réseau social anglo-saxon par excellence.

Je suis impressionné par la vision des vins français qu'ont les américains et je mesure le chemin qu'il nous reste à parcourir pour présenter nos vins et faire comprendre aux américains la diversité de nos produits.

Ils ont du mal à comprendre que sur une surface aussi petite que la France nous puissions produire des vins aussi différents. Si personne ne leur explique la diversité géologique de notre pays, la diversité des climats, la diversité des cépages qui sont adaptés à nos sols et à nos climats, la diversité des vinifications, je comprends qu'ils aient autant de mal à nous comprendre.
Mais que font nos représentants?


Pour les américains l'AOC (qui est le modèle que nous cherchons à défendre) n'intervient que pour 9% dans l'acte d'achat. Ce pour quoi nos représentants se battent et qui nous coute si cher à nous viticulteurs, ne représente rien dans la décision d'achat de nos vins.
Mais que font nos représentants?


Heureusement que certains américains nous aident, des passionnés, qui ont parcouru la France pour comprendre nos vins. C'est toujours un plaisir de les recevoir, de voir leurs yeux ébahis lorsque nous leur présentons notre passion, leurs joues s'enflammer lorsqu'ils dégustent nos vins.
Mais ce n'est pas à eux de venir vers nous, c'est à nous d'aller vers eux. Il faut prendre le temps... Mais lorsque vous devez remplir une tonne de papier pour expliquer à un éventuel contrôleur ce que vous faites depuis des générations. Je ne comprends pas. Pourquoi Messieurs nos représentants nous faites vous passer autant de temps au bureau, alors que nous voulions être dehors sur le terrain pour présenter nos vins?

Amis passionnés venez nous rencontrer et nous sortir de nos bureaux.



dimanche 19 avril 2009

Lamproie à la Bordelaise

Préparation : 1 heure - Cuisson: 2 heures

Pour 4 personnes: 1
lamproie de 1kg vivante

8 poireaux

30gr de beurre

30gr de farine

3 oignons

2 gousses d'ail

1 bouquet garni

1 bouteille de Château de Roquebrune

Dans un premier temps, il faut pendre la lamproie par la tête et lui sectionner la queue afin de récupérer le sang. Lorsque tout le sang s'est écoulé, le récupérer et réserver.


Plonger ensuite la lamproie dans l'eau bouillante. A la reprise de l'ébullition, la retirer et enlever la peau.




Couper ensuite le poisson en morceaux identiques. Bien veiller à retirer le nerf central de chaque morceau.


Saler et poivrer chaque morceau puis réserver.




Nettoyer les blancs de poireaux et les couper en petits tronçons. Prendre une cocotte et les faire blanchir.


Laisser cuire le temps que la coloration apparaisse. Ajouter alors la farine en pluie et remuer délicatement. Verser le vin rouge et le bouquet garni, saler et poivrer. Ajouter ensuite les gousses d'ail (broyées).


Porter à ébullition et laisser mijoter pendant 1heure après avoir couvert.

Ajouter alors les morceaux de lamproie dans la cocotte, ouvrir une nouvelle fois et laisser mijoter 1 heure.


Prendre le récipient contenant le sang, y verser environ 25 cl de sauce, délayer puis verser le tout dans la cocotte. Laisser mijoter quelques minutes .

Ailler des toasts, les placer dans un plat chaud, déposer les morceaux de lamproie dessus, et verser la sauce.


Déguster le tout avec un Château de Roquebrune.

samedi 14 mars 2009

Les côtes de porc de Marcel


Une recette simple pour l'été, facile à réaliser: des côtes de porc. Mais comment faire pour qu'elles ne soient pas trop sèches? C'est mon beau-père qui m'a donné la solution.


Il faut faire macérer les cotes 12 heures sur chaque face (soit 24 heures au total) dans un mélange 50-50 d'huile classique et d'huile d'olive, et rajouter des herbes de provence pour parfumer le tout.

Le lendemain il faut faire cuire les côtes à la poële ou au barbecue, servir avec des pommes de terre sautées et des haricots vert.

Un Chateau de Roquebrune 2005 ou mieux un Plaisir de Roquebrune 2007 pourra accompagner votre recette.

Réservez votre week-end du 26 avril, Chateau de Roquebrune ouvrira ses portes à l'occasion des journées portes-ouvertes de Lalande de Pomerol.

jeudi 5 mars 2009

Un beau salon

Nous étions présents ce week-end à Figeac (dans le Lot: beau petit village du centre de la France), pour un marché aux vins, organisé par le Rotary Club de Figeac.
Cette manifestation qui existe depuis 8 ans fut un succès et peut être considéré comme un modèle de partenariat.
Tout le monde y est gagnant parce que concerné par la réussite du salon.
Le viticulteur car ses frais sont proportionnels à ses ventes. Enfin une solution qui promeut la solidarité entre les viticulteurs, les plus grands noms participant à la promotion des plus petits.
Les organisateurs qui doivent tout faire pour attirer des clients à cette manisfestation.
Les clients qui peuvent trouver au même endroit des vins d'une qualité remarquable.
Le tout dans une ambiance très sympathique où les liens qui se créent entre les organisateurs et les viticulteurs sont très forts.
Bravo, il faut continuer.